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La famille Héger Publié le Mardi 11 septembre 2007 (No 211) dans Le Soir, page 18, édition Namur/Luxembourg. 935 mots dans cet article Auteurs: BRICHANT,RACHEL
L'actrice Dans un an, elle part courir le monde, en camion. Elle diffusera des dessins animés à tous les enfants rencontrés. Ils sont cinq. Gabin, 1 an, Léonor, 3 ans, Anatole, 4 ans, et Catherine et Nicolas, les parents. Ensemble, ils forment un équipage. La famille Héger rêve. D'une autre vie et d'un autre monde. Son rêve s'appelle « Angaléo ». « Angaléo, explique Nicolas, ce sont les premières lettres des prénoms des enfants. Et puis ça chante, ça sonne comme galaxie, Galilée. C'est comme un départ, comme un cri de guerre. » « Angaléo », c'est le pari un peu fou de cette famille qui partira trois ans pour un tour du monde. Un tour du monde qu'ils ont voulu tourné vers les autres. Dans les villages d'Afrique ou d'Asie, l'équipée fantastique diffusera des dessins animés pour les enfants. Dans la langue du pays ou muets. Et plus le village sera reculé et plus le but sera proche. Comme le proclame le site du projet, ce sera « Le premier cinéma "all road" autour du monde. » La famille offrira ce qu'elle a : un grain de folie, un peu de légèreté. « Nous, on apporte ce qu'on peut, précise Catherine : une rencontre, un sourire, un peu de bonheur, du rêve. Nous n'avons aucune expertise ; on ne peut rien apporter de plus. Nous ne sommes pas une ONG et nous n'avons pas l'intention de le devenir. Nous sommes une famille qui part à la rencontre des autres et veut aider les organisations sur place. Nous avons choisi de diffuser des dessins animés car nous partons avec les enfants et pour les enfants. » La vie loin de chez soi, elle connaît. La collaboratrice parlementaire a passé son enfance dans différents pays : « J'ai grandi à l'étranger, mon père était dans la coopération et je trouve que c'est très enrichissant. C'est une chance que nous voulons offrir à nos enfants. C'est un âge fabuleux pour faire ça. Ils n'ont pas trop de copains à quitter, trop d'attaches même si ça les travaille un peu, surtout vis-à-vis de la famille, de leurs cousins. Mais ce qu'il y a de merveilleux avec les enfants, c'est qu'ils s'adaptent. Et puis, ils seront nos ambassadeurs. Ils vont nous permettre de communiquer avec les autres. » Mais le rêve a un prix. Il manque encore 125.000 euros. Catherine, la maman, vient d'arrêter de travailler et se lance à la poursuite de sponsors et de dessins animés. Elle a un an, montre en main, pour terminer la mise en place de l'aventure. Une fois le train sur les rails, elle endossera le rôle d'institutrice-secouriste-chauffeur. Nicolas étudie aussi la mécanique. Car ce que la famille a déjà, c'est le véhicule de ses rêves. Un 14 tonnes sur lequel sera fixée une toile de projection. C'est l'arrivée du camion qui a lancé définitivement le projet. « Tout s'est accéléré quand nous avons trouvé le camion. Le jour même, nous avions assisté à la conférence d'un homme qui avait fait Gand-Jérusalem à pied. C'était comme un signe », raconte Catherine. Ce camion, ils en sont fiers. Les enfants savent déjà où y seront rangés leurs jouets. Le papa, designer de profession, rêve d'organiser un concours de décoration d'intérieur pour le meubler. « Notre camion a été fabriqué pour l'armée omanaise. C'est un 4x4. Il a une éolienne et des panneaux solaires d'origine. Il va juste falloir rendre tout ça plus performant. En plus, son réservoir est polycarburant, donc dès qu'on pourra, on y mettra autre chose que du pétrole. On n'est pas écolo mais quand même, on veut vivre en harmonie avec la nature », précise Nicolas. Les cinq compagnons de voyage logeront dans 15m2 et rouleront 150 kilomètres par jour en moyenne. Difficile à imaginer quand on voit les deux aînés courir dans tous les sens et le papa s'élancer à leur poursuite. Sans compter Gabin, qui n'en a pas encore les moyens mais aimerait bien. Sans doute sont-ils faits pour courir le monde. La famille attendait d'ailleurs que Gabin ait 2 ans pour partir. « Nous voulions qu'il puisse gambader à l'aise », explique la maman. Catherine et Nicolas ont des fourmis dans les jambes et besoin de liberté. « Notre but, c'est de partir et de nous sentir libres, donc on ne veut pas que ce soit trop cadenassé. Avec ce voyage, on arrête le temps. L'après, on verra après. Peut-être qu'on ne reviendra pas. On ne sait pas ce que la vie nous réserve. Peut-être qu'on fera un quatrième dans le camion », défend le papa. Et si on leur tendait une embuscade ? Et si un enfant tombait malade ? Et si l'argent filait plus vite que prévu ? Et si ? Et si ? « Notre bonne étoile veillera sur nous et notre petit doigt nous guidera. Notre logo c'est ça : suivre la bonne étoile. » Et quand on leur demande si ce n'est pas un peu de la folie, ils répondent : « Mais oui, c'est évident, nous sommes fous. » www. angaleo.org

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