ou le premier cinéma pour enfants autour du monde
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Le site du journal Liberation (France)

Des dessins animés tout autour du monde
Catherine et Nicolas, accompagnés d'Anatole (5 ans), Léonor (4 ans) et Gabin (2 ans) veulent faire le tour du monde en camion, en projetant des dessins animés aux enfants sur leur parcours. Départ prévu: 25 septembre 2008.


12 MARS 2008
texte :  Marie-Joëlle Gros


Elle se verrait bien ouvreuse. Lui, projectionniste. Ils traverseraient le monde au volant d'un gros camion, leurs trois garçons avec eux, en prenant tout leur temps: trois ans, peut-être plus. Ils projetteraient des dessins animés aux enfants des pays traversés, un flanc du camion servirait d'écran géant...

«On rêve, on parle, on se raconte peut-être des histoires», avance Nicolas, citoyen belge de 42 ans, bourré d'humour et manifestement un peu fantasque. Graphiste designer, il a créé sa propre entreprise à Bruxelles, il y a une douzaine d'années: une affaire qui roule. Mais ça ne lui suffit pas. Il rêve d'emmener sa famille sur les routes, tractant sa maisonnée sur son dos: «j'ai envie de vivre à fond avec ma femme et mes enfants».

Catherine, 31 ans, est également belge. Elégante, ancienne attachée parlementaire, elle semble encore plus déterminée que Nicolas à mettre les bouts. Son père, diplomate, lui a donné le goût des voyages et une capacité à s'adapter partout: Arabie-Saoudite, Mexique, Equateur, Philippines, la famille a souvent changé de port d'attache. De quoi expliquer cette envie de mener une vie de famille itinérante?

Ils se sont rencontrés en 2000. Nicolas avait organisé un diner, en demandant à chacun de ses convives d'inviter un personne inconnue des autres. Voilà comment Catherine est entrée chez lui, et n'en est plus repartie. Ensemble, ils ont «besoin de jus, de projets». Ils ont d'abord réfléchi à la coopération, ou à travailler pour des ONG... Mais ils n'ont aucune expertise à proposer, n'étant «ni médecins, ni ingénieurs agronomes». Leurs trois garçons leur ont donné le déclic.

Comme Catherine et Nicolas sont un peu rêveurs à tendance farfelue, l'idée de collecter des dessins animés et de les projeter à des enfants du bout du monde leur est venue assez naturellement. En prévision du départ, ils stockent depuis plusiers mois sur un disque dur des programmes pour enfants. Rien à voir avec Walt Disney. Ils préfèrent des petits films produits par des sociétés spécialisées dans l'animation et les courts-métrages. Ils en ont déjà plusieurs dizaines.

«On ne veut surtout pas jouer aux Occidentaux qui débarquent pour donner une leçon sanitaire ou éducative aux gens. Notre projet, c'est simplement d'offrir un programme divertissant à des enfants d'ailleurs». Anatole (5 ans), Léonor (4 ans) et Gabin (2 ans), les prénoms de leurs enfants donnent vie au projet.

L'aîné a dans sa classe des petits copains venus du Sénégal et du Rwanda. Il a appris à repérer ces pays sur une map-monde et imagine en rencontrer des tas d'autres en faisant tourner la boule entre ses mains.

L'école ? Faire classe pendant trois ans en s'appuyant sur les documents du Cned (Centre national d'enseignement à distance) ne semble pas les effrayer. En réalité, ils misent sur tout autre chose pour nourrir l'intelligence de leur progéniture: rencontres, aventures et découvertes. L'administration belge a quelque peu contrarié leur enthousiasme en les prévenant qu'au retour de voyage, le niveau scolaire de leurs garçons sera évalué afin de déterminer s'ils pourront rejoindre leurs camarades en classe. Nicolas, au passé de cancre assumé s'agace: «L'enseignement bête et méchant n'a jamais été le gage d'une vie réussie».

Ils ont prévu de mettre les gaz le 25 septembre 2008. L'itinéraire n'est pas encore totalement arrêté. Seule certitude: ils feront le tour du globe. D'ici là, il reste encore des quantités de choses à faire. Le camion, ils l'ont. C'est un ancien véhicule militaire, 14 tonnes, déjà transformé en mobile-home. Surface habitable: 15 mètres carrés à se partager à cinq... Catherine et Nicolas n'ont pas encore passé le permis poids lourd: ils attaquent les cours fin févier. Ensuite, il faudra mettre les mains dans le cambouis, apprendre quelques rudiments de mécanique. «La dernière fois que j'ai voulu bricoler un filet sur un table de ping-pong, je me suis écrasé un ongle», raconte Nicolas. Il y a manifestement du boulot pour faire de lui un mécano, mais rien ne semble l'effrayer: «On est astucieux, débrouillards et inventifs. Et en plus, on croit à notre bonne étoile».

Leurs copains les croient fous. Eux considèrent que «les fous sont ceux qui restent en chaussons». Des copains ont déjà prévu de les rejoindre lors d'une escale ici ou là-bas. Côté budget, ils estiment leur projet à 350.000 euros, dont 100.000 rien que pour le camion et le mazout. Pendant leur absence (trois ans, la durée d'un bail), la mise en location de leur grande maison leur assurera un revenu. Pour le reste, il faut trouver des sponsors, un financement. Un appel à contribution a été lancé: tous ceux qui souhaitent coller leur bobine sur le camion peuvent leur acheter un emplacement. Il y a de la place pour 14.000 photos sur ce grand bahut . Qui veut en être ?

 

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Le cinéma sera suivi par la presse...
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Le journal le soir édition du 11 septembre 2007

La famille Héger
Publié le Mardi 11 septembre 2007 (No 211) dans Le Soir, page 18, édition Namur/Luxembourg. 935 mots dans cet article Auteurs: BRICHANT,RACHEL

L'actrice
Dans un an, elle part courir le monde, en camion. Elle diffusera des dessins animés à tous les enfants rencontrés.
Ils sont cinq. Gabin, 1 an, Léonor, 3 ans, Anatole, 4 ans, et Catherine et Nicolas, les parents. Ensemble, ils forment un équipage. La famille Héger rêve. D'une autre vie et d'un autre monde. Son rêve s'appelle « Angaléo ». « Angaléo, explique Nicolas, ce sont les premières lettres des prénoms des enfants. Et puis ça chante, ça sonne comme galaxie, Galilée. C'est comme un départ, comme un cri de guerre. »
« Angaléo », c'est le pari un peu fou de cette famille qui partira trois ans pour un tour du monde. Un tour du monde qu'ils ont voulu tourné vers les autres. Dans les villages d'Afrique ou d'Asie, l'équipée fantastique diffusera des dessins animés pour les enfants. Dans la langue du pays ou muets. Et plus le village sera reculé et plus le but sera proche. Comme le proclame le site du projet, ce sera « Le premier cinéma "all road" autour du monde. »
La famille offrira ce qu'elle a : un grain de folie, un peu de légèreté. « Nous, on apporte ce qu'on peut, précise Catherine : une rencontre, un sourire, un peu de bonheur, du rêve. Nous n'avons aucune expertise ; on ne peut rien apporter de plus. Nous ne sommes pas une ONG et nous n'avons pas l'intention de le devenir. Nous sommes une famille qui part à la rencontre des autres et veut aider les organisations sur place. Nous avons choisi de diffuser des dessins animés car nous partons avec les enfants et pour les enfants. »
La vie loin de chez soi, elle connaît. La collaboratrice parlementaire a passé son enfance dans différents pays : « J'ai grandi à l'étranger, mon père était dans la coopération et je trouve que c'est très enrichissant. C'est une chance que nous voulons offrir à nos enfants. C'est un âge fabuleux pour faire ça. Ils n'ont pas trop de copains à quitter, trop d'attaches même si ça les travaille un peu, surtout vis-à-vis de la famille, de leurs cousins. Mais ce qu'il y a de merveilleux avec les enfants, c'est qu'ils s'adaptent. Et puis, ils seront nos ambassadeurs. Ils vont nous permettre de communiquer avec les autres. »
Mais le rêve a un prix. Il manque encore 125.000 euros. Catherine, la maman, vient d'arrêter de travailler et se lance à la poursuite de sponsors et de dessins animés. Elle a un an, montre en main, pour terminer la mise en place de l'aventure. Une fois le train sur les rails, elle endossera le rôle d'institutrice-secouriste-chauffeur. Nicolas étudie aussi la mécanique. Car ce que la famille a déjà, c'est le véhicule de ses rêves. Un 14 tonnes sur lequel sera fixée une toile de projection. C'est l'arrivée du camion qui a lancé définitivement le projet. « Tout s'est accéléré quand nous avons trouvé le camion. Le jour même, nous avions assisté à la conférence d'un homme qui avait fait Gand-Jérusalem à pied. C'était comme un signe », raconte Catherine.
Ce camion, ils en sont fiers. Les enfants savent déjà où y seront rangés leurs jouets. Le papa, designer de profession, rêve d'organiser un concours de décoration d'intérieur pour le meubler. « Notre camion a été fabriqué pour l'armée omanaise. C'est un 4x4. Il a une éolienne et des panneaux solaires d'origine. Il va juste falloir rendre tout ça plus performant. En plus, son réservoir est polycarburant, donc dès qu'on pourra, on y mettra autre chose que du pétrole. On n'est pas écolo mais quand même, on veut vivre en harmonie avec la nature », précise Nicolas.
Les cinq compagnons de voyage logeront dans 15m2 et rouleront 150 kilomètres par jour en moyenne. Difficile à imaginer quand on voit les deux aînés courir dans tous les sens et le papa s'élancer à leur poursuite. Sans compter Gabin, qui n'en a pas encore les moyens mais aimerait bien. Sans doute sont-ils faits pour courir le monde. La famille attendait d'ailleurs que Gabin ait 2 ans pour partir. « Nous voulions qu'il puisse gambader à l'aise », explique la maman.
Catherine et Nicolas ont des fourmis dans les jambes et besoin de liberté. « Notre but, c'est de partir et de nous sentir libres, donc on ne veut pas que ce soit trop cadenassé. Avec ce voyage, on arrête le temps. L'après, on verra après. Peut-être qu'on ne reviendra pas. On ne sait pas ce que la vie nous réserve. Peut-être qu'on fera un quatrième dans le camion », défend le papa.
Et si on leur tendait une embuscade ? Et si un enfant tombait malade ? Et si l'argent filait plus vite que prévu ? Et si ? Et si ? « Notre bonne étoile veillera sur nous et notre petit doigt nous guidera. Notre logo c'est ça : suivre la bonne étoile. » Et quand on leur demande si ce n'est pas un peu de la folie, ils répondent : « Mais oui, c'est évident, nous sommes fous. »
www. angaleo.org

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Globe Trotters N°117 Article du 21 décembre2007

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